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Ci-dessus, Ness porte
un top Christophe Guillarmé
On vous a vue aux côtés de Nicolas Sarkozy, le soir de sa victoire à l’élection, pourquoi ce coming-out ?
Depuis 3 ans, je me suis investie auprès de cet homme, avec ses équipes, sur le terrain, loin des photographes et des caméras. Je n’ai pas le droit de vote mais il me semblait essentiel de marquer une rupture avec l’immobilisme dans lequel on a trop longtemps voulu cantonner les minorités visibles. La France a toutes les qualités et tous les défauts de la terre, mais je ne suis pas d’accord avec ceux qui crachent dans la soupe. Brûler les voitures ne mène à rien. Je suis du côté de cette majorité silencieuse qui pense qu’il serait plus constructif de démontrer que ce n’est pas parce que l’on est né dans les quartiers ou dans des zones défavorisées, économiquement sinistrées, que l’on ne peut pas réussir. On est tellement stigmatisés, à travers les médias, que l’on oublie que les parcours gagnants existent. Modestement, je pense que je peux montrer l’exemple et démontrer qu’il est possible de réussir en France. J’ai l’impression de faire partie d’une génération sacrifiée. J’ai 35 ans, je ne veux pas me renier, ni oublier ce que je suis. C’est aussi ce que je tente de transmettre sur demain-tv avec mon émission. Elle met en lumière ceux qui ont un talent, qui ont réussi. Ce devrait être une mission publique de faire découvrir de manière positive les succès des franges de la population qui n’existent qu’à travers les exemples de Jamel Debouzze, Zidane ou le dealer du quartier. La manière dont on parle de nous m’insupporte. Je pense qu’il est temps que la France ait ses Colin Powell et Condolezza Rice. J’attends l’avènement d’une élite issue des minorités visibles. La gauche a failli dans cette mission. Je ne vois pas dans leur entourage émerger des originaires d’Outremer, des anciennes colonies. Non, la France n’est pas monocolore et parmi nos politiques, Nicolas Sarkozy semble le seul à s’en être aperçu. Peut-être parce qu’il fait partie d’une autre génération, celle qui est débarrassée de la pensée coloniale, celle qui n’a pas participé au pillage culturel, économique. Il n’est ni paternaliste, ni condescendant. Il faut faire bouger les lignes maintenant. Je ne veux pas faire comme ceux qui sont entrés et qui ont fermé la porte derrière eux à double, voire triple tour.

D’où vous vient cette conscience politique ?
J’ai dû me battre très tôt. Je suis issue d’une famille de 5 enfants, d’un milieu ouvrier et modeste, avec des parents illettrés.

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