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Propos recueillis par Diana Béraud
Photo Alain Herman
Samuel Le Bihan est parti au Darfour, dans les camps de réfugiés, un des endroits de la planète qui connaît le plus grand besoin d’urgence.
Pour l’acteur, s’engager n’est pas une façon de déculpabiliser. Au contraire, comme il le dit lui-même, c’est une mécanique normale de son existence. Rencontre avec un homme profondément sincère dans sa démarche.

Comment devient-on membre du conseil d’administration d’Action Contre la Faim ?

Nous aussi, nous sommes élus ! En fait, j’ai rencontré Jean-Christophe Ruffin (ndlr : le Président d’ACF), avec qui je me suis lié d’amitié, puis à diverses reprises j’ai participé à des événements de collecte de fonds. En juin dernier, j’ai eu envie de rejoindre le conseil d’administration qui a la particularité de s’enrichir des compétences de chacun. Les membres viennent de tous les horizons.

Pourquoi êtes-vous allé au Darfour ?

Je voulais comprendre. Comprendre la réalité des réfugiés mais aussi celle de ceux qui agissent sur le terrain. Les ONG ont de plus en plus de mal à agir au Darfour car elles sont prises pour cible (ndlr : l’an passé, une équipe d’ACF a été agressée). Ne pouvant officiellement identifier le danger, elles travaillent quotidiennement en se demandant qui va débarquer pour tout piller, voire même menacer leur vie. J’espérais aussi que mon séjour inciterait les médias à parler davantage du Darfour. Les journalistes ne pouvant s’y rendre, il n’y a ni témoignage, ni photo et très peu d’articles. Sans prendre position politiquement, j’y suis allé comme un reporter humanitaire pour parler de la situation catastrophique dans laquelle vit la population.

Pourquoi ce vide dans les médias ?

C’est un conflit dur à cerner et qui s’éternise, d’où le sentiment qu’il est difficile à dénouer. Pourtant, les pays riches ont une vraie responsabilité vis-à-vis des populations. L’Afrique et les inégalités, que l’on a nous-mêmes créées,

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