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SURTOUT, NE ZAPPEZ PAS...

Il y avait longtemps que l'on n'avait pas eu de ses nouvelles discographiques. Zap Mama est revenue en novembre 2007 avec Super Moon, le successeur de son Ancestry in Progress. Désormais installée entre Bruxelles et New York, signée sur un nouveau label, Marie Daulne, initiatrice et tête pensante du groupe, continue de tracer son sillon dans la musique "noire". Son nouveau crû, savant alliage de ses diverses influences musicales, oscille entre soul, passages reggae voire énergie afro beat (mention spéciale au titre Gati dont le début rappelle les incantations de la grande chanteuse zaïroise Abéti Masikini). Ce nouvel opus célèbre quelque dix-sept ans d'une carrière commencée avec un album a capella et poursuivie notamment par des disques marquants comme Adventures in Afropea en 1993 (Afropea, mot forgé pour décrire ce double espace dans lequel elle évolue, l'Europe et l'Afrique, repris depuis par toute une génération d'artistes, dont les Nubians) ou A Ma Zone (1999). On y retrouve en effet des complices de toujours (Michael Franti), des collaborations plus surprenantes (le chanteur belge Arno) et des artistes donnant une nouvelle dimension à son travail (Tony Allen). Elle poursuit donc son tissage entre mélopées congolaises (Kwenda) qu'elle assaisonne à la sauce "américanafropéenne" (habillage soul pour une chanson apprise de sa mère chantée en lingala et anglais), ambiances sud-américaines et titres nu-soul jazz. Après l'écoute de Super Moon, le concert est un peu la cerise sur le gâteau. Et ce vendredi 23 février au New Morning, l'univers cosmopolite de la Mama a transporté un public venu très nombreux dans cette salle illustre du 10e arrondissement. Marie est la reine de l'improvisation, distillant pas de danse et moments impromptus. Comme dans un concert de jazz, elle a littéralement jammé avec le public (un moment d'anthologie, lorsqu'elle demande à un jeune homme quel est son prénom et qu'il lui répond avec une voix si mélodieuse qu'il a failli être intégré comme Zap Papa!), mais également avec ses musiciens, impeccables (notamment avec son batteur où elle commence avec des onomatopées pour finir par l'"affronter" en beat-boxant). Jouant tour à tour la pin-up, impressionnante dans une tenue scintillante, la toasteuse ragga, on la retrouvera également en danseuse sabar (danse traditionnelle du Sénégal) aux côtés de ses chanteuses, elles aussi virtuoses, ou aux congas. Un concert dont on se remet difficilement tant l'énergie et l'affirmation d'une identité artistique tellement singulière sont bouleversantes. Si vous venez de rater cette première date de sa grande tournée européenne, vous pouvez suivre son actualité pour ne pas la manquer lors de son prochain passage : http://www.zapmama.be
http://www.myspace.com/zapmama

par Dolores Bakela