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Jai rencontré Katoucha il y a déjà bien des années à loccasion dun défilé qui avait lieu au « Monde de lArt » à Paris. Quand nous nous sommes vus la première fois, cest comme si on se connaissait depuis toujours. Lors de ce défilé, nous nous sommes croisés deux fois sur le podium, et à chaque fois jai oublié quelques secondes où jétais tellement elle était impressionnante de présence.
Depuis cette date, on ne sest jamais vraiment quitté, on a passé des heures au téléphone et notre amitié ne sest pas épanouie seulement dans le monde de la mode et du mannequinat mais aussi dans dautres domaines, en particulier au cours de voyages que nous avons faits ensemble aux quatre coins du monde.
Katoucha ma toujours soutenu dans ma carrière de mannequin comme dans mon travail de créateur de mode. Elle ma présenté à sa fille, à son fils et à ses meilleurs amis, qui venaient dhorizons très différents et jétais devenu au fil des années comme une sorte de frère, parfois un peu protecteur quand sa fille me demandait de veiller sur sa mère. Jai eu loccasion plusieurs fois de la sortir de moments un peu délicats, comme cet après-midi de juillet où, déjà sur la péniche dun de ses amis, elle avait perdu léquilibre sous leffet du tangage provoqué par le passage dun autre bateau et sétait retrouvée dans la Seine, alors quelle ne savait pas nager. Heureusement javais entendu ses cris et cette fois là javais réussi à la remonter à bord, trempée, mais saine et sauve.
La carrière de Katoucha, née en 1960 à Conakry, a commencé très tôt mais cest dans les années 80 et 90 qu'elle a atteint des sommets. Les grands maîtres de la Haute Couture parisienne se sont arrachés ce top model qui a su porter très haut les couleurs du continent africain. Elle a bien sûr été légérie dYves Saint-Laurent, mais elle a aussi sublimé les robes de Jean-Louis Scherrer, de Balmain, de Dior, de Valentino, de Gianfranco Ferré, de Paco Rabanne, dAzzedine Alaïa, de Thierry Mugler, et il fut une époque où Christian Lacroix baptisait ses croquis «Katoucha». Peut-on imaginer plus belle reconnaissance de la part dun des seigneurs de la Haute-Couture ? |
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