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Lorsque le téléphone sonne ce jour-là, je suis à des années-lumière de me douter de la nouvelle qu’on s’apprête à m’annoncer. L’artiste Akon est à Paris pour quelques jours et accepterait de faire une série de mode pour Shenka. Après les échanges d’usage, je raccroche : le rendez-vous vient d’être fixé pour le mercredi suivant. Dans les minutes qui suivent, branle-bas de combat à la rédaction. A peine quelques jours pour préparer la venue de notre invité et redonner à nos bureaux une allure acceptable.

Vu le délai extrêmement court, je me mets illico sur le coup. Noy, notre styliste mode et moi devons trouver en un temps record des tenues pour Mister Akon. Je me rassure en me disant que ça va être facile de se faire prêter des costumes pour une star certifiée multi-platine ! Première étape, dresser une liste de prestigieuses marques susceptibles de participer à notre édito mode : Dior, Lanvin, Armani, Cerruti, Smalto, De Fursac... Puis je les contacte en leur expliquant poliment ma demande, étayée par l’envoi d’un email avec toutes les couvertures du magazine. Chez Lanvin homme, la réponse est sans appel : “ Je suis au regret de vous annoncer que je ne pourrai collaborer avec vous. Nous sommes actuellement très sollicités, et Shenka n'est pas représentatif de la cible que nous visons ”. Waouh, nos lectrices vont apprécier... Chez Dior, on prétexte les délais trop courts et toutes sortes d’excuses plus ou moins convaincantes. Evidemment, Shenka est beaucoup plus petit que Vogue... Il me faut au moins cinq costumes et je suis à deux doigts de “péter un câble”... Heureusement, dans cet univers impitoyable de la mode, on trouve aussi des attaché(e)s de presse qui ne snobent pas à tout bout de champ.
A la veille du week-end, j’ai obtenu les accords de Cerruti, Dunhill, De Fursac, Yohji Yamamoto..., et je peux enfin décompresser.
Quelques heures avant l’arrivée de la star, la tension monte d’un cran. Tout notre petit monde s’affaire : Noy prépare les tenues que portera Akon devant le photographe Alain Herman, imperturbable, qui les passe en revue, tandis que Sermin prépare le studio-photo.
Chez les filles, c’est l’affolement général. Il est bientôt 14 h, notre maquilleuse est bloquée dans les embouteillages et Dieynaba, qui devrait accueillir Akon avec quelques mots de wolof, histoire de nous mettre à l’aise, n’est pas arrivée !